Information au Mali : TikTok talonne désormais la télévision

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La radio demeure la principale source d’information des personnes interrogées dans le cadre du Mali-Mètre 2026. Mais TikTok occupe désormais la troisième place, juste derrière la télévision. L’enquête montre également que les jeunes déclarent plus souvent avoir cru ou partagé une information qui s’est révélée fausse.

Au Mali, le paysage de l’information ne se limite plus aux médias traditionnels. Si la radio conserve la première place, les plateformes numériques, particulièrement TikTok, occupent désormais une position importante dans les habitudes d’information.

C’est l’un des constats du Mali-Mètre 2026, une enquête d’opinion réalisée par la Fondation Friedrich-Ebert-Stiftung. La collecte des données s’est déroulée du 10 au 24 avril 2026 auprès de 2 220 personnes âgées de 18 ans et plus, réparties entre le district de Bamako et dix capitales régionales.

La radio reste en tête

Interrogées sur la source principale sur laquelle elles comptent pour suivre l’actualité, 27,3 % des personnes citent la radio. Elle devance la télévision, mentionnée par 21,7 % des répondants.

TikTok arrive en troisième position avec 19,7 %. La plateforme se situe ainsi à seulement deux points de la télévision et devance largement Facebook, cité par 8,5 % des personnes interrogées.

La famille, les amis et le bouche-à-oreille représentent la principale source d’information de 9,4 % des répondants. Les sites internet recueillent 6,9 % des réponses et WhatsApp 4,8 %.

YouTube n’est cité comme source principale que par 0,4 % des personnes interrogées. La presse écrite et X, anciennement Twitter, obtiennent chacun 0,1 %.

Ces résultats ne signifient pas que les autres canaux ne sont jamais utilisés. La question portait sur la source principale d’information et non sur l’ensemble des médias consultés. Une personne peut, par exemple, considérer la radio comme sa première source tout en utilisant régulièrement Facebook ou WhatsApp.

Couverture Mali-mètre 2026

L’actualité nationale intéresse en priorité

Plus de la moitié des personnes interrogées, soit 52,7 %, déclarent rechercher principalement des informations sur l’actualité nationale générale.

L’actualité nationale et internationale arrive en deuxième position avec 19,2 %, devant l’actualité sécuritaire, qui intéresse particulièrement 11 % des répondants. Les journaux et débats politiques sont cités par 8 %, tandis que les divertissements et documentaires recueillent 3,8 % des réponses. Les informations sportives représentent 2,3 %.

L’enquête relève également une différence suivant le niveau d’instruction. La proportion de personnes intéressées principalement par l’actualité nationale générale diminue avec le niveau scolaire. Elle passe de 56,2 % chez les personnes sans instruction à 47,1 % chez celles ayant suivi des études supérieures.

La tendance inverse apparaît pour l’actualité internationale. Celle-ci est citée par 16,3 % des personnes sans instruction et par 24,2 % de celles ayant un niveau supérieur.

Près de trois jeunes sur dix concernés par une fausse information

Le Mali-Mètre 2026 s’est aussi intéressé à la circulation des fausses informations. Au total, 19,7 % des répondants déclarent avoir cru ou partagé, durant l’année 2025, une information qui s’est ensuite révélée fausse. À l’inverse, 80,3 % répondent que cela ne leur est pas arrivé.

Les réponses varient fortement selon l’âge. Chez les 18-24 ans, la proportion atteint 29,8 %. Elle est de 19,9 % chez les 25-35 ans, de 13,3 % chez les 36-55 ans et de 10,2 % parmi les personnes âgées de 56 ans et plus.

Les plus jeunes sont donc plus nombreux à reconnaître avoir été confrontés à cette situation. Cette différence peut notamment être mise en relation avec leur exposition plus importante aux plateformes numériques, même si l’enquête ne permet pas, à elle seule, d’établir un lien de causalité.

Elle ne mesure pas non plus directement la quantité de fausses informations diffusées par chaque tranche d’âge.

Un défi pour les médias

La place prise par TikTok constitue un signal important pour les médias maliens. La plateforme n’est plus seulement un espace de divertissement : elle fait désormais partie des principaux canaux par lesquels une partie de la population suit l’actualité.

Cela ne signifie pas que les informations diffusées sur TikTok sont nécessairement fausses. L’enquête ne mesure pas la fiabilité respective des différents médias. Elle montre cependant que les initiatives d’éducation aux médias et de lutte contre la désinformation ne peuvent plus ignorer les plateformes de vidéos courtes.

Pour les médias professionnels, l’enjeu est également d’aller chercher le public là où il s’informe, en proposant sur ces plateformes des contenus accessibles, vérifiés et adaptés aux nouveaux usages, sans abandonner les exigences journalistiques de vérification et de contextualisation.

Oumar Maïga

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