[Mopti Check] : faux, cette vidéo ne montre pas des soldats maliens à Anéfis
Depuis le début des opérations militaires menées à Anéfis, dans la région de Kidal, au nord du Mali, plusieurs anciennes vidéos sont remises en circulation sur les réseaux sociaux avec de fausses légendes. Parmi elles figure une séquence présentée par certains internautes comme montrant des soldats maliens en débandade après des combats dans cette localité.
Depuis le 4 juillet 2026, une attaque coordonnée des combattants du Front de Libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), a visé plusieurs localités du Mali. Parmi les localités, il y a la ville d’Anéfis dont l’Armée malienne dispose un camp militaire.
C’est dans ce contexte qu’une vidéo, largement diffusée sur Facebook et X, montre des hommes armés courant à l’intérieur et à l’extérieur d’un vaste camp clôturé. Les publications affirment qu’il s’agit des militaires maliens dans les affrontements en cours à Anéfis.
Vérification
Une recherche inversée d’images avec l’outil Google Lens réalisée à partir de plusieurs captures de la séquence montre que cette vidéo circule sur les réseaux sociaux depuis mai 2025.
Mopti Check a pu retrouver les mêmes images dans plusieurs publications remontant à mai et juin 2025. Elles apparaissent notamment dans des reportages de médias internationaux comme France 24 ou encore Jeune Afrique. (tous les deux interdits au Mali)
Dans son article en date du 10 juin 2025, le journal présente l’image comme le camp des forces armée malienne à Dioura attaqué par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) le 23 mai 2025.
La chaîne française France 24 les avait utilisées dans un reportage publié le 2 juin 2025.
La même vidéo avait circulé au mois d’avril 2026, prétendant montrer des militaires Burkinabè en train de fuir lors d’une opération d’un groupe armé. Nos confrères de Africa Check avait vérifié à l’époque, ici.
Conclusion
Cette vidéo n’est pas récente et il n’y aucun indice visuel, géographique ou chronologique permettant d’établir un lien entre cette séquence et les opérations militaires en cours à Anéfis.
Oumar Kontao